La fin du RTC

La fin du RTC

la téléphonie dentreprise

Le Réseau Téléphonique Commuté (RTC) est le réseau téléphonique fixe historique (avec le téléphone directement branché à la prise en « T »). En France, ce réseau a été déployé autour des années 80 par Orange. 

 

Orange explique l'arrêt du RTC par la remise en cause de sa pérennité d’ici quelques années. En effet, l’obsolescence des équipements et composants spécifiques  et le désengagement progressif des équipementiers sur cette technologie vont engendrer des difficultés croissantes d’entretien du réseau. Le maintien de son exploitation pourrait se traduire par des risques importants de dysfonctionnements ou de coupures de service.

 

Dans certaines organisations, grandes ou moyennes, c'est une excellente occasion de revisiter les installations en place. Il n'est pas rare, en effet, de faire de découvertes inattendues en établissant un relevé exhaustif des lignes télécoms en place : on vérifie leur utilité exacte, leur fréquence d'utilisation, etc. pour s’apercevoir que telle ligne, dédiée à un fax, ne sert quasiment plus jamais.

 

Une fois la décision prise de se séparer de son bon vieil autocom téléphonique, il faut en toute logique se tourner vers une autre solution pérenne. Le premier réflexe consiste à changer le PABX pour un modèle de nouvelle génération dit 'IPBX'. C'est spontanément ce que beaucoup d'installateurs télécoms préconisent : c'est l'avantage d'un scénario apparemment sans rupture, qui leur permet de rester « prestataire privilégié », et de maintenir la relation commerciale et leur facturation. Mais il existe diverses réponses.

 

L'option IPBX

Dans ce scénario d'un IPBX installée en interne, c'est toute l'installation qui doit être renouvelée, y compris les postes téléphoniques et le standard d'accueil. Il faut souvent ajouter une mise à niveau du câblage, qui peut ne pas être conforme aux normes des hauts débits. Avec la génération IP, le réseau de câblage a l'avantage d'être identique pour l'informatique et la téléphonie.

Pour les accès télécoms, l'opérateur propose généralement des liens xDSL. Le débit peut aller jusqu'à plusieurs centaines de mégabits/s. Si les besoins sont supérieurs, il faut passer à la fibre optique qui permet d'atteindre voire de dépasser le gigabits/s. Mais le site doit être « éligible ».

 

IPBX hébergé, externalisé

Un IPBX peut être opéré en interne ou managé par un prestataire extérieur : celui-ci peut, à distance, gérer les ouvertures et fermetures de lignes, le paramétrage de l’annuaire ou des applications collaboratives, téléconférence, etc. La gestion de ces fonctions d'exploitation peut être assurée en interne, en partie ou en totalité, à partir d'une connexion 'web' classique. 

 

Trunk SIP vers les opérateurs

La plupart des IPBX présentent l'avantage de pouvoir accueillir des passerelles GSM vers la téléphonie mobile et des passerelles VoIP pour des communications de téléphonie ou des audio/vidéoconférences directement sur un PC via un 'softphone' (kit micro / écouteurs). Ces passerelles VoIP utilisent le protocole devenu un standard : 'Trunk SIP' (Session initiation protocol), il gère des flux multimédia - voix, vidéo, messagerie instantanée, présence, jeux vidéo, réalité virtuelle, visiophonie...

 

Le Centrex IP

Lorsque le choix a été fait d'externaliser sont IPBX auprès d'un prestataire ToIP/VoIP, la plateforme est souvent mutualisée entre plusieurs PME ou organisations ce qui permet de diminuer les coûts et donc la tarification par poste (quelques euros seulement par mois).

La prestation peut être entièrement locative : le poste dit 'standard d'accueil' ainsi que tous les postes téléphoniques peuvent être loués. Ceci présente l'avantage de pouvoir renouveler les matériels dès qu'une nouvelle génération survient.

La tarification repose sur des forfaits pouvant inclure des appels illimités, fixes et mobiles, et vers une liste de pays ou régions dans le monde. A noter que la portabilité des anciens numéros si elle est possible, n'est pas toujours gratuite.

 

Et jusque dans le Cloud

Au-delà de la solution du Centrex, apparaissent depuis peu des solutions Centrex dans le Cloud, c'est à dire sur des plateformes virtualisées : toujours hébergées chez un prestataire, elles peuvent être dédiées à une activité, à un projet. La facturation s'aligne sur la consommation des ressources, le nombre de canaux loués et les appels à la minute (vers un fixe ou un mobile, France ou  étranger, etc. ; cf. article suivant)

Des acteurs, comme Open IP, investissent à la fois dans le Trunking SIP avec plusieurs opérateurs télécoms et dans le Cloud : ils construisent leurs propres datacentres pour des offres de téléphonie et de visio hébergées (communication unifiée Cisco Spark, Microsoft Skype for Business, Alcatel OpenTouch...).  Autre exemple, Alpha Link lance l’offre BroadCloud de Broadsoft, pour des services identiques sur la boucle locale.

 

Sources : https://www.zdnet.fr/ / https://www.telecom-infoconso.fr/